Du 27 août au 1er septembre 2012 dans le Valgaudémar

Ils étaient 28 jeunes, accompagnés de 8 animateurs et de 9 guides du bureau Champsaur / Valgaudemar, à participer camp montagne organisé dans le massif des Ecrins, du 27 août au 1er septembre. Ages de 13 à 20 ans, tous sont passionnés de montagne, qu’ils soient novices ou confirmés.

Depuis le camp de base planté au camping municipal de la Chapelle en Valgaudémar, les jeunes ont eu l’occasion de pratiquer la randonnée, l’escalade et l’alpinisme dans le cadre exceptionnel du cirque du Gioberney. Les jeunes ont gardé le sourire aux lèvres, malgré la mauvaise météo de la fin de semaine

Les découvertes culturelles étaient également au rendez-vous : des spécialités locales préparées par deux restaurateurs de la vallée ont satisfait les appétits féroces des jeunes, creusés par le grand air. Une alpiniste de renom, Sandrine de Choudens, a été invitée pour donner une conférence sur son ascension du Makalu en 2010 (8463m en Himalaya).

 Les photos du camp

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Récit

Lundi 27 août 2012, il est déjà 11h lorsque vingt-huit jeunes se retrouvent au camping de la Chapelle en Valgaudémar, au cœur du Parc des Ecrins. Ils sont accompagnés par leurs huit animateurs, éducateurs ou initiateurs, ainsi que par neuf guides de haute montagne, recrutés par le bureau local. Rémy Karle, le Président du bureau, supervise la répartition des équipes, tout en scrutant la météo.

Ils sont rassemblés dans un même état d’esprit : pratiquer, partager et découvrir des activités de pleine montagne, comme la randonnée, l’escalade et l’alpinisme.

Tout va bien : les jeunes sont motivés, dynamiques et déjà sur les chapeaux de roue. Pourtant ils ne sont pas tous férus de montagne. C’est le cas de Nicole, une jeune fille de 14 ans. Pour elle et son groupe c’est une première, mais elle n’a pas l’air stressée. Eux viennent d’Annecy. Ils sont un peu à la bourre, mais le reste des participants originaires d’Aiguebelle, du Var, du Trièves, de Grenoble, de Briançon et même de Vitry-le-François les ont attendus. Certains ont déjà grimpé. Tous ont pratiqué la randonnée. Quelques-uns ont même déjà fait une course d’alpinisme.

Emmanuelle, du Groupe de Haute Montagne et Nicolas Savelli de la Communauté de Communes du Valgaudemar s’assurent que rien n’a été oublié : repas, réservations dans les refuges, duvets pour le camping, matos… « Qui a oublié sont piolet ? A qui est cette paire de crampons qui traine ? Le 39 est trop petit, attends, j’ai un 40 à te filer… ». Heureusement que la mairie de Grenoble a prêté du matériel gratuitement.

Quand tout le monde est enfin prêt, chaque groupe est réparti suivant son stage (alpinisme, randonnée alpine ou initiation montagne, au choix), établi à l’avance. Des mauvaises conditions au Sirac ont quand même obligé les guides à modifier le programme.

Chaque groupe (4 personnes) rencontre alors son guide référent. Ils vont passer la semaine ensemble. On espère qu’ils vont bien s’entendre. Certains guides vont travailler avec des ados pour la première fois. Mais l’inquiétude liée à ce nouveau public se dissipe dès les premières minutes : les jeunes sont tellement enthousiastes… !

Le départ est sonné. Pour certains c’est l’heure d’enfiler les chaussons d’escalade et grimper dans la vallée. Ils vont passer leur nuit au camping, chouchoutés par Sophie, la cuisinière embauchée par la commune de la Chapelle. Pour les autres c’est chaussures de rando obligatoires, et direction le refuge. Ici, pas de remontée mécanique, et si on veut aller jusqu’au glacier, il va falloir marcher ! Cela fait partie des objectifs du stage : favoriser le développement local dans les vallées ne vivant pas du tourisme de masse. Le soir, ils font déjà connaissance autour d’une soupe. Les alpinistes se lève à 4h du matin, et laissent donc les randonneurs veiller un peu plus tard.

Au refuge du Pigeonnier, les premiers à partir sont ceux qui visent l’ascension des Rouies. Si tôt le matin, la lampe frontale est obligatoire. La marche d’approche passe vite, déjà ils s’encordent. Les guides posent quelques coinceurs, au cas où… Ils sont au sommet de la pointe Duhamel lorsque le groupe randonnée se réveille, et les observent avec la jumelle du gardien. Eux vont redescendre dans la vallée pour aller grimper. A 10h15, essoufflés mais heureux, les jeunes alpinistes atteignent le sommet des Rouies. Ils brandissent leur piolet. Mais pas de répit : le mauvais temps les guette. Crampons aux pieds, ils dévalent le glacier, sautent les crevasses, et descendent un névé sur les fesses.

Au refuge de Vallonpierre, un groupe est parti pour le Banc des Aiguilles dans la voie Bravo Oscar. Ils ont un bon niveau et enchainent les longueurs dans le 5 sup. Ils ont de la chance, il faut beau. Les autres usent leurs chaussons d’escalade dans la vallée.

Le soir, les équipes se retrouvent à la Chapelle pour faire le bilan. Tout s’est bien passé. En revanche on est inquiets car la météo devrait se dégrader à-partir de demain. Ce n’est pas de bol car il a fait beau tout l’été. C’est également l’occasion de faire un bilan complet de l’état de ses orteils : cloques à percer, blessures à désinfecter, bandages à poser. Les grosses, ça fait mal aux pieds !

Après un repas agrémenté de spécialités locales au restaurant, Sandrine de Choudens vient présenter une expédition qu’elle a réalisée en Himalaya en 2010 : l’ascension du Makalu (8463 mètres) sans oxygène. Certains, crevés, préfèrent aller se reposer, les autres sont captivés et se voient déjà organiser leur propre expé.

Mercredi matin… il ne pleut pas. Ouf ! Le programme est donc randonnée pour tout le monde, pour rejoindre les trois refuges : Vallonpierre, Pigeonnier et Olan. Un groupe s’arrête en route, pour rejoindre la falaise de Surette. Défi : les guides ouvrent une voie dans le 7a. Au bout de plusieurs tentatives, les jeunes malins finissent par installer une échelle faite avec des sangles. C’est plus facile comme ça !

Jeudi matin, c’est la catastrophe : il pleut à torrent. Pendant que certains améliorent leur jeu à la belote ou au tarot, d’autres plus studieux en profitent pour réviser la lecture de cartes… topographiques ! Certains avaient prévu le coup et pensé à monter la guitare au refuge. L’après-midi ça se découvre, tous les groupes partent pour une randonnée.

Vendredi, c’est le dernier jour en montagne alors on en profite, quelle que soit la météo. Deux groupes motivés se lancent à l’assaut du Banc des Aiguilles et d’une arête proche. C’est justement à ce moment-là qu’il se met à neiger… la paroi est trempée, les prises glissantes, les doigts gelés. L’ascension est donc écourtée, mais les jeunes sont satisfaits d’avoir fait leur première hivernale de l’année ! Certains dans la vallée tentent d’escalader les voies détrempées mais renoncent rapidement. Tous les autres randonnent tranquillement sous les flocons pour revenir au camping.

La dernière soirée sera consacrée aux remerciements et au visionnage des photos prises pendant la semaine. Après cette première expérience très encourageante, le GHM est bien décidé à pérenniser le stage dans le Valgaudémar, et à développer ce concept dans d’autres vallées alpines et pyrénéennes, dans le but d’encourager la pratique des activités de montagne chez tous les jeunes, débutants ou confirmés.

Le teaser des Piolets Jeunes